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Édito n°7

Travail isolé, l’indépendance à quel prix ?

Nous vivons une époque paradoxale. Alors que l’indépendance et le télétravail sont souvent érigés en modèles, l’isolement sécrète aussi de la souffrance et de l’insécurité. Les pathologies engendrées par le travail au sein même des entreprises sont clairement établies.

Selon  les  derniers  chiffres  communiqués  par l’Assurance  maladie,  20  000  cas  d’accidents  du travail sont liés à une affection psychique, soit 3,2 % des accidents du travail ! Une progression constante dans le monde professionnel, même si la meilleure prise en compte de ces problématiques agit sans nul doute comme un effet loupe. Burn-out,  bore-out,  RPS  sont  ainsi  peu  à  peu  entrés  dans  le vocabulaire courant.

Certains secteurs sont plus directement impactés, en particulier le médico-social qui concentre à lui seul 20 % des accidents psychiques, suivi des transports (15 %) et du commerce de détail (13 %). Des environnements où le travail isolé est monnaie courante…

De  nombreux  phénomènes  ont  contribué  à  cette  évolution.  La recherche de productivité – et la réduction de personnel induite par cette  démarche  –  a  notamment  conduit  au  renforcement  des situations d’isolement. Or, cette organisation nécessite la mise en place de mesures d’accompagnement spécifiques : matériels dits de protection du travailleur isolé (PTI-DATI) (lire pages 14 à 16), mais aussi intégration dans un collectif pour rompre régulièrement avec l’isolement (lire pages 22 à 23).

La promotion de l’entrepreneuriat par les gouvernements successifs contribue également à la déstructuration de l’entreprise traditionnelle. Au lieu de salariés insérés dans un collectif, de nombreux secteurs ont recours à une foultitude de sous-traitants dont beaucoup d’entrepreneurs individuels, naturellement plus souvent livrés à eux-mêmes.  Exit  ainsi  le  soutien  des  collègues,  les  structures  de protection collectives, sans même évoquer l’épineuse question de la protection sociale…

Nicolas Lefebvre

Nicolas Lefebvre

Journaliste dans la presse économique depuis 2002, il publie également un livre d’investigation aux éditions de l’Archipel en 2010. Secouriste bénévole, sauveteur aquatique et moniteur de premiers secours entre 2004 et 2018, il consacre sa maîtrise d’Histoire contemporaine à l’institutionnalisation du secourisme au sortir de la seconde guerre mondiale.En 2011, il fonde Oxygène Editions afin de publier Secours Mag, puis en 2017, SST Mag. Il assure aujourd’hui la rédaction en chef de ces deux titres de presse professionnelle.

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